L'incandescence douce d'Évry

Le 13 décembre 2018, de la place de l’Agora à la préfecture de l’Essonne, 2000 personnes ont déambulé de brasero en brasero et assisté au feu d’artifice mitonné par Pierre de Mecquenem. Applaudissements fournis et ambiance médiévalo-festive, avant la soupe partagée !

Une fillette de 4 ans chantonne « Allumez le feu » en tenant son cierge magique. Evry, le 13 décembre, place de l’Agora. Une foule mélangée, enfants, étudiants, familles, attend l’embrasement. Des dizaines de bénévoles distribuent des badges fluo, expliquent le parcours (imminent) jusqu’à la préfecture. C’est « Incandescences #2 », le projet de métamorphose nocturne porté par Pierre de Mecquenem et la compagnie La Machine. L’artificier de Royale de Luxe a été invité par la Scène nationale à concevoir pour la deuxième année un spectacle pyrotechnique déambulatoire et participatif, avec le soutien de la ville, de l’agglomération, de l’université, des grandes écoles de et du centre commercial.

« J’adore cette ambiance médiévale », se réjouit une jeune femme. Entre deux braseros, que met à feu l’armée des lumières (30 bénévoles repérables à leur costume de néojardiniers), des chemins de bougies, et la foule qui déambule. Les cierges magiques sont distribués, avec pour consigne d’attendre le signal rouge pour les allumer. Quel signal ? La première fusée du feu d’artifice, tiré depuis le plan d’eau de la préfecture de l’Essonne, est rouge. Des milliers d’étincelles jaillissent alors tout au long du parcours, sur les terrasses de l’Agora. Puis le feu d’artifice accélère sa cadence et la sono s’emballe. Des « oh » et des « ah » fusent, les visages sont tournés vers le ciel, la piqûre du froid est oubliée.

« C’est pas sur les Champs qu’on aurait pu voir ça », rigole un étudiant. On s’émerveille qu’un tel événement ait pu se tenir alors que la même semaine, l’ambiance aux Champs-Elysées était à l’émeute et que Strasbourg était touché par un attentat. « S’il y a convergence entre le feu et la banlieue, dit Christophe Blandin-Estournet, directeur de la Scène nationale, ici, l’espace public commun est pacifique et ludique. C’est une manière de révéler, par la pyrotechnie, la ville aux habitants. » Une ville réunie et festive !