L’ogre, la chaussette et l’an 3000

Quel rapport entre une chaussette dépareillée, un ogre et le futur ? Trois classes de CM1 et CM2, réunies un matin de février au théâtre pour présenter le résultat d’un travail réalisé en classe avec des marionnettistes.

Pour élaborer un « spectacle » de 15 mn joué ce 21 février à l’Agora, chaque classe a passé des heures en atelier marionnettes depuis le début 2019 avec un binôme d’artistes (Junie Monnier et Anne Dupagne à l’école les Myrtilles de Mennecy, Gaël Massé et Mélanie Dévoldère à l’école Gauguin de Courcouronnes), et 30h avec Christiane Lay à l’école Alexandre Dumas d’Évry-Courcouronnes.

Chaque restitution est donnée dans un coin de la salle de danse du Théâtre de l'Agora, histoire de poser les éléments de décor et préparer la scène. Chouquette la chaussette dépareillée vit bien des déconvenues dans un décor de machines à laver en carton découpé. Les CM1 des Myrtilles, tous en noir, jouent de façon chorale un texte qu’ils ont écrit, d’abord dans un carnet qu'ils ont fabriqué (« mon nom préféré, c’est… »). Lequel est devenu un accessoire. Comme le masque rouge ou jaune qu’ils tiennent devant leur tête pour dire tour à tour leur suite aux phrases « Mes grands-parents disent toujours… » (« mets ton manteau », « ça va ma belle »…), « c’est quoi être amoureux? », « en l’an 3000… » (« on mangera des insectes », « ce sera l’école qui se déplace »). Concentrés, ils enchaînent sans perte de rythme jusqu’au final « moi mon secret… » d’un « chuuuut » collectif, cette fois. Applaudissements nourris.

​Le dernier présentation est celle de l’école Alexandre Dumas. Derrière une grande table, les enfants manipulent deux ogres de papier mâché et leur petite fille, Blanche, qui n’est pas vraiment de la famille des ogres… Quand le temps des questions ne peut plus rester sans réponse, l’ogre l’emmène chez les humains… lesquels vont être de vrais monstres. La marionnette de l’ogre est tenue par quatre ou six mains, d’autres, plus petites, sont manipulées par un ou deux enfants. Le happy end (Blanche sauve la tête de son père l’ogre en mettant la sienne dans sa bouche, pour montrer aux humains qu’il n’est pas si méchant…) déclenche une dernière salve d’applaudissements. 

Puis vient le temps des questions d’une classe à l’autre. Assis en cercle, chacun-e peut demander des précisions sur l’histoire, comment ils ont fait pour construire les masques, les marionnettes et le décor, les matériaux utilisés. Au début timides, ils sont très vite tous partants pour répondre. « Le trait derrière le masque, c’est pour voir si c’est bien droit… parce que si c’est pas droit, c’est pas la peine de faire le spectacle. » Et poser de nouvelles questions : « J’ai pas bien compris la dernière histoire », « pourquoi les têtes sont plus grosses que le corps ? »… Jusqu’à ce que Marie-Anne Bachelerie, en charge du projet pour la Scène nationale de l’Essonne Agora-Desnos, siffle la fin de la récré… euh non, de cette restitution croisée.

Chacun repart alors dans son école, où les spectacles seront rejoués (jusqu’à huit fois pour l’ogre, adapté du livre pour enfant D’entre les ogres de Gilles Baum et Thierry Dedieu). Ah on a oublié de vous dire que l’autre point commun entre Chouquette, l’ogre et l’an 3000, c’est la thématique commune aux trois classes pour cet atelier marionnettes, qui consistait à s’inspirer du spectacle Face au mur de Lucile Beaune (joué à l’Agora les 6, 7 et 8 décembre 2018) que tous les élèves ont vu avec une autre classe de leur école et de son questionnement philosophique (le jeune Léo marionnette discute avec un mini-Spinoza).

 

Les artistes

Les lieux

École Alexandre Dumas, Évry-Courcouronnes

École Gauguin, Évry-Courcouronnes

École Les Myrtilles, Mennecy

Théâtre de l'Agora, Évry-Courcouronnes

Les partenaires